Source : Archives départementales de Loir-et-Cher, 20 PER 1911/2 et 20 PER 1911/3. Périodique l'Avenir , année 1911. L’Avenir Journal quotidien de Blois Titres consultés : Samedi 29 juillet 1911 : « ROMORANTIN – 90 ouvriers cessent le travail à l’usine Normant » Dimanche 30 juillet 1911 : « La grève de Romorantin » Lundi 31 juillet et mardi 1er août 1911 : « ROMORANTIN – La grève de l’usine Normant » Samedi 5 août 1911 : « ROMORANTIN – La grève de l’usine Normant » Lundi 7 et mardi 8 août 1911 : « La grève de l’usine Normand frères » Jeudi 10 août 1911 : « La grève de l’usine Normant » Vendredi 11 août 1911 : « Le drapeau rouge promené à Romorantin – La grève de l’usine Normant » Lundi 14 et mardi 15 août 1911 : « Conseil municipal de Romorantin – Séance du 7 août » Lundi 21 et mardi 24 août 1911 : « La grève des drapiers à Romorantin » Mercredi 30 août 1911 : « La grève de Romorantin » Edition du samedi 29 juillet 1911 : « ROMORANTIN. – 90 ouvriers cessent le travail à l’usine Normant. – Un conflit vient d’éclater à l’usine Normant. En voici la cause : L’ouvrier laineur Couret fut frappé d’une mise à pied de huit jours, à la suite de la mauvaise exécution d’un travail. L’ouvrier prétendit que la cause en était due au mauvais fonctionnement d’une machine qui lui fit gâcher une centaine de mètres de drap. Couret avisa le syndicat qui, prenant fait et cause pour l’ouvrier, demanda une entrevue à M. Normant afin d’obtenir qu’il revienne sur sa décision. Mais celui-ci refusa. Le soir même, les ouvriers se réunissaient et dès le lendemain, 90 d’entre eux, se solidarisant avec Couret, firent la grève des bras croisés. La direction leur fit dire alors que ceux qui ne reprendraient pas le travail seraient considérés comme étant à leur quinzaine. Une nouvelle entrevue fut demandée par le syndicat. La direction répondit qu’elle refusait d’entrer en pourparlers avec les ouvriers tant que ceux-ci n’auraient pas repris le travail. Les ouvriers ont alors quittés les ateliers et se sont rendus à la Bourse du Travail, où ils ont décidé de ne rentrer à l’usine qu’après avoir obtenu satisfaction. » Edition du dimanche 30 juillet 1911 : « Arrondissement de Romorantin La grève de Romorantin En prévision de troubles qui pourraient se produire à Romorantin à cause de la grève partielle de l’usine Normant, une cinquantaine de gendarmes des arrondissements de Blois et Romorantin se tiennent prêts à partir. Espérons que le conflit actuel sera vite résolu. » Edition des lundi 31 juillet et mardi 1er août 191 1 : « ROMORANTIN – La grève de l’usine Normant. – La grève continue. Les soupes communistes fonctionnent depuis samedi matin. Des tables sont installées dans la cour de l’ancienne école de la Mairie. Le mouvement s’est rapidement étendu. A la suite d’une réunion la plupart des ouvriers décidèrent la cessation du travail. Bientôt le nombre de grévistes atteignit 400. Jeudi dans l’après-midi, le Sous-Préfet et le Maire tentèrent une démarche auprès de M. Normant. Celui-ci leur déclara qu’il ne voulait point céder surtout en ce qui concerne le renvoi du contremaître, en dehors de qui, disait-il, la punition infligée à l’ouvrier Couret aurait été prononcée. La réponse fut transmise au syndicat et portée à la connaissance par l’organe du secrétaire de cette organisation, à une réunion où, comme toujours, régna le plus grand calme. Le Syndicat des ouvriers d’art déclara ne pas se solidariser avec le syndicat drapier pour la grève, mais lui promit son appui pécuniaire. Enfin, vendredi à trois heures, avait lieu sous la Halle, une importante réunion des grévistes, au cours de laquelle plusieurs ouvriers prirent la parole : la grève à outrance fut votée à l’unanimité. Le secrétaire du syndicat fit part des offres de secours faites par les différentes organisations ouvrières de la ville, puis donna lecture d’un manifeste adressé à la population dans laquelle les grévistes exposent les causes de la grève et leurs revendications. Ils demandent la réintégration de tout le monde : suppression de la punition Couret ; renvoi du contremaître Landart, et examen par M. Normant d’un cahier de revendications touchant notamment le relèvement des salaires. M. Normant, de son côté, a fait apposer une affiche à la porte de l’usine, disant que les ouvriers qui ne seraient pas rentrés samedi seraient considérés comme démissionnaires. Cinq des grévistes seulement sont rentrés. Vendredi à 11 heures et demie environ, la sirène de l’usine siffla « au feu ». Un incendie s’était déclaré dans des bourres, dans un bâtiment sis au long de la rivière, près de la Grande-Jauge et gagnait des laines blanchies placées dans le même bâtiment. A l’appel de la sirène, l’équipe d’incendie se forma et commença l’attaque du feu. Les ouvriers grévistes qui font partie de la section d’incendie, se rendirent eux aussi aux appels de la sirène et remplirent leur service comme à l’ordinaire. On se rendit d’ailleurs bientôt maître du feu. Mais on assure que cet incendie serait dû à la malveillance et que plusieurs foyers d’incendie auraient été relevés. Une enquête a été ouverte à ce sujet par M. Baraduc, commissaire de police. » Mercredi 2 août 1911 : pas d’informations sur la grève Jeudi 3 août 1911 : pas d’informations sur la grève Vendredi 4 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition du samedi 5 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin ROMORANTIN – La grève de l’usine Normant. – La grève continue et les soupes communistes fonctionnent. La cuisine est faite par des femmes de grévistes. On sert, paraît-il, 500 rations par jour. Des tables sont dressées dans la cour de l’ancienne mairie. On ne signale aucun incident. Les grévistes sont calmes. » Dimanche 6 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition des lundi 7 et mardi 8 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin La grève de l’usine Normand frères Depuis la semaine dernière la situation de la grève est stationnaire. Malgré différentes démarches, la solution du conflit n’a pas fait un pas en avant ; les grévistes formulent immuablement les mêmes revendications que M. Normant repousse. D’abord ce fut le juge de paix qui intervint ; M. Normant répondit qu’il n’avait pas à accepter d’arbitrage ; il s’agit d’une question de discipline, la munition d’un ouvrier fautif, il entend rester le maître d’appliquer la sanction qu’il juge utile. M. Tillet, juge de paix, insista. Il obtint enfin, après échange de vues avec chacune des deux parties en présence, qu’une conférence aurait lieu entre quatre mandataires de M. Normant et quatre délégués de grévistes. Représentaient M. Normant, MM. Hippolyte Normant, son fils, M. Puistienne, son beau-frère, MM. Genty et Crozet, ingénieurs. De l’autre côté, les ouvriers Delvigne, Soulas, Gardet, Guerrier. Le résultat fut absolument négatif, les ouvriers exigeant avant toute discussion le renvoi du contre-maître Landart, ce que M. Normant se refuse à accorder. - « Nous resterons en grève, auraient dit les ouvriers ; nous n’avons pas encore touché à notre caisse qui est assez riche pour nous faire attendre aussi longtemps qu’il le faudra ». De fait, pour prolonger ce secours de leur caisse, les syndiqués grévistes font des appels aux autres syndicats, tant romorantinais qu’étrangers, et même à la bonne volonté publique. N’ont-ils pas, mercredi dernier, fait une quête sur le marché ? Un certain nombre de forains et quelques particuliers ont donné leur obole, mais combien d’autres et surtout beaucoup de beurrières – qui se plaignent tant actuellement de l’insuffisance de lactation de leurs vaches, que nombre d’entre elles sont obligées de nourrir déjà avec du foin de la dernière récolte- beaucoup firent entendre des protestations, et se refusèrent à ouvrir leur porte monnaie pour garnir la sébille que leur présentait avec tant d’insistance cependant un ouvrier non tisseur et non gréviste. Ils récoltèrent, nous dit le « Progrès », 51 francs. Après avoir passé le long du marché en chantant un peu l’« Internationale », ils descendirent de même la Grande Rue, formant un groupe d’une cinquantaine de grévistes, dont une dizaine qui chantaient. Dans la cour de l’ancienne école, les « soupes » continuent à fonctionner régulièrement. A la porte de l’usine Normant a été affichée une liste de 177 noms d’ouvriers et ouvrières que M. Normant avise de son intention de les rembourser de leurs primes d’assurances. Comme des primes ne sont remboursables qu’en cas de décès, de départ ou de renvoi de l’ouvrier, on se demande si M. Normant a l’intention d’exclure d’un coup, même au cas de cessation subite de la grève, les 177 ouvriers et ouvrières dont il a publié la liste ? Du moins le bruit court que les « meneurs » de la grève seraient assurés d’être « sciés », ainsi qu’on dit vulgairement. Dans ces conditions, ceux là ne pousseraient-ils pas obstinément à la résistance pour tacher de sauver quand même leur situation menacée ? On prête au comité de grève l’intention de faire venir un conférencier de la Bourse du Travail de Bourges. Au sujet de l’incendie qui a éclaté la semaine dernière à l’usine Normant disons qu’il était du à l’échauffement de laines, et non à la malveillance comme on avait paru le redouter tout d’abord. Avant-hier samedi, M. le Sous-Préfet et M. le Maire de Romorantin, prenant comme prétexte qu’ils venaient chercher la réponse aux desiderata formulées par les ouvriers dans l’entrevue de jeudi, se sont présentés chez M. Normant et ont encore une fois tenté de l’amener à composition. Une amnistie généreuse a même été sollicitée. Mais de même que les ouvriers avaient déclarés d’avance la refuser s’ils ne devaient obtenir le renvoi ou le déplacement de M. Landart, de même M. Normant a refusé d’accéder à ce désir. » Mercredi 9 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition du jeudi 10 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin La grève de l’usine Normant On nous écrit : La grève, qui jusqu’à présent s’était passée avec calme, menace de tourner au désordre. Dans la nuit de lundi à mardi, vers 10 heures et demie, une bande de grévistes a parcouru la ville en hurlant l’« Internationale » et la « Carmagnole ». Après avoir passée le pont, elle s’est dirigée vers l’avenue de la gare, où habite M. Landart, le contremaître dont les grévistes réclament le départ. Les grévistes ont criblés de pierres la maison de M. Landart en poussant des cris de « Conspuez Landart, à l’eau Landart », etc. Bien entendu la police a laissé tout faire. M. Landart, sur lequel on avait lancé des pierres lorsqu’il se rendait à son travail à l’usine, a été escorté ce matin par deux gendarmes. » Edition du vendredi 11 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin Le Drapeau rouge promené à Romorantin La grève de l’usine Normant « On va promener le drapeau rouge à Romorantin », telle était la nouvelle qui circulait en ville dès mercredi matin et pendant le marché dans l’après-midi. En effet, après la soupe communiste dans les bâtiments communaux, obligeamment mis à la disposition des grévistes par M. le Maire de Romorantin, vers six heures et quart le soir, les grévistes se rassemblaient dans la cour de la Mairie. Puis sur un signal du secrétaire du Syndicat des drapiers, le cortège se mettait en marche. En avant-garde s’avançait un groupe de cyclistes avec églantines et brassard rouges ; immédiatement après venait la tête de la colonne composée d’enfants de 5 à 12 ans, espoir des futures grèves. Après les enfants, le drapeau rouge puis les fillettes, les jeunes filles, suivies des grand’mé, bonnes femmes coiffées du pittoresque bonnet rond de Sologne. Enfin la colonne était terminée par le groupe des hommes. Tout ce monde là chantait à tue tête « L’Internationale », « La Carmagnole », avec, entre les couplets, des cris de « A l’iau Landart, A l’iau Landart » et était encadré par les grévistes eux-mêmes escortés par les gendarmes, les agents de police et M. le commissaire de police. Pendant une heure ce fut une promenade dans le centre de la ville, en passant par l’usine Normant et le Bourgeau. Sous la protection de la police, le drapeau rouge a été promené pendant une grande heure. Étrange police que celle de Romorantin ! Dernièrement elle arrêtait et brutalisait des Camelots du Roi, qui pour tout délit distribuaient des tracts, et aujourd’hui elle escorte l’emblème de la révolte. Dans quelques jours auront lieu à Romorantin les fêtes du Comice agricole, les inaugurations des Écoles et de la Caisse d’Épargne. On prête aux grévistes l’intention de saboter ces fêtes. M. le Maire de Romorantin, qui fort injustement attribuait un rôle séditieux aux Camelots du Roi, doit être satisfait aujourd’hui de voir les ouvriers, auxquels il fait cependant risette, disposés à saboter ses fêtes. Il saura que les Camelots du Roi ne troublent que les fêtes qui, comme le 14 juillet, froissent leurs convictions. » Edition du samedi 12 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin La grève de l’Usine Normant Cette nuit, dix gendarmes à pied et dix gendarmes à cheval sont partis pour Romorantin. » Dimanche 13 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition des lundi 14 et mardi 15 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin Conseil municipal de Romorantin Séance du 7 août […] Un beau tumulte On aborde alors la dernière question de la séance publique, la demande de subsides du comité de grève. M. Béranger expose que la grève roule sur une question de personne plus que de principe. Il rappelle ses démarches et celles de MM. le Sous-Préfet et le Juge de Paix, et les résultats négatifs obtenus. Il rappelle aussi que des subventions furent longtemps accordées au syndicat des laineurs, formant un total de 8 400 francs. Mais les ressources de la ville ne permettent plus pareilles largesses ; le budget de l’année se solde par 36 fr. d’excédent de recettes, et le Maire, ne peut proposer dans ces conditions d’accueillir la demande du comité de grève. M. Couppé dit quelques mots en rappelant que quand la population ouvrière a été éprouvée par des fléaux comme l’incendie de la maison Normant, les inondations, la Ville n’a pas manqué de lui venir en aide. Aujourd’hui la situation n’est plus la même : il s’agit d’un conflit entre patron et ouvriers. Qu’ils s’arrangent. La Ville doit garder la neutralité et ne pas prendre parti en encourageant la résistance de l’un plus que de l’autre. M. Béranger ajoute d’ailleurs que, le crédit fut-il voté, il est persuadé que la Préfecture ne l’approuverait pas. Finalement, le Conseil repousse la demande du comité de grève. Aussitôt les invectives partent du fond de la salle à l’adresse des élus, et les femmes ne sont pas les dernières. M. Couppé est particulièrement pris à partie. M. Béranger a beau agiter sa sonnette, le silence ne se rétablit pas vite, et quoique la séance publique soit levée, les assistants quittent bien lentement la salle. Dehors, cour de la mairie, l’Internationale est entonnée et chantée par une trentaine de grévistes pendant quelques minutes. Après la séance Puis, tandis que le Conseil se réunit en comité secret, les manifestants se rendent au café Quilloux d’où bientôt partent des clameurs. On a décidé d’aller manifester devant chez M. Duché, conseiller municipal, ouvrier de la fabrique continuant à travailler, et devant chez Landart. Cette manifestation s’est bornée à des cris hostiles poussés contre l’un et contre l’autre. La sonnette de M. Landart a été tordue par une main énervée. Puis les groupes se sont dissous et devant les gendarmes et la police sur pied, ont regagné tranquillement leurs pénates. La grève de l’Usine Normant Situation stationnaire. Aucune nouvelle démarche n’a été tentée auprès de M. Normant, qui, d’ailleurs, tient à sauvegarder en cette circonstance le principe de son autorité, et n’est par conséquent nullement disposé à céder. M. Normant, absent depuis quelques jours, ne doit revenir à Romorantin que dans deux mois. C’est assez significatif ! Aussi les ouvriers commencent à s’inquiéter du résultat auquel ils vont aboutir, et un peu d’énervement en résulte : des manifestations bruyantes ont lieu chaque jour au moment où les grévistes se rendent à la soupe, et aux heures de rentrée et de sortie des travailleurs de la maison Normant, des « renards » … L’un de ceux contre qui les manifestant crient le plus est M. Duché, tisseur, conseiller municipal, conseiller prud’homme, ancien trésorier du syndicat, qui lors de la dernière grève avait, comme les autres, cessé le travail, et qui, cette fois, jugea la cause illégitime et se refusa à faire grève. Mais c’est encore plus au contremaître Landart que les grévistes s’en prennent. *** Par crainte de troubles causés par les grévistes pendant les fêtes, trente nouveaux gendarmes sont arrivés vendredi. Ils sont, eux et leurs chevaux, logés comme les autres, à la caserne d’infanterie. Les chefs du mouvement gréviste déclarent qu’ils n’ont nullement l’intention de saboter les fêtes ; mais ils ne peuvent répondre des jeunes gens engagés dans le mouvement, et dont ils ne sont guère les maîtres … Donc … On verra voir comme dit l’autre. » Mercredi 16 et jeudi 17 août 1911 : pas d’informations sur la grève Vendredi 18 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition du samedi 19 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin ROMORANTIN – La grève de l’usine Normant. – La grève continue toujours. Les grévistes sont entrés dans leur quatrième semaine de chômage. Mardi soir, dans la cour où sont installées les soupes communistes, le citoyen Constant de la Bourse du Travail d’Orléans a fait une conférence et a conseillé la continuation de la grève. *** Chez les ouvriers du bâtiment on constate une certaine agitation. Ils avaient eu l’intention de se joindre aux cardeux, mais samedi dernier, ils ont décidé de retarder le mouvement. Ils vont présenter à la Chambre syndicale des entrepreneurs du bâtiment, leur cahier de revendications, le premier janvier prochain. » Dimanche 20 août 1911 : pas d’informations sur la grève Lundi 21 et Mardi 22 août 1911 : « La grève des drapiers à Romorantin Absolument calmes pendant les trois jours de fête des 13, 14 et 15 août, les grévistes ont, dès le lendemain, recommencés leurs manifestations. Un des « renards » nommé Maréchal, hué par eux, en s’échappant, rue de Loreux, a bousculé un ou deux enfants. Aussitôt il fut bousculé à son tour par des grévistes dont l’une lui laissa sur le visage la marque de ses ongles. La police a reçu l’ordre de faire une enquête à ce sujet. Jeudi il y eut encore de violentes clameurs à différentes reprises dans la journée contre renards et surveillants, mais sans incident autre que quelques goguenardises et injures à l’adresse des gendarmes qui toujours encadrent les manifestants. Vendredi ce fut beaucoup plus calme et l’on n’entendit aucun tumulte. Samedi matin, les grévistes ont déposé entre les mains du Procureur de la République une plainte contre un gendarme à pied qui, en entendant le cri : « A mort les vaches » poussé par un gréviste contre deux gendarmes à cheval qui coupaient leur cortège, en face de la rue des Haies, préféra le prendre au collet et le serrer un peu vivement plutôt que lui dresser procès-verbal pour outrages et injures. Samedi matin, également, à 9 heures, une délégation des grévistes s’est rendue à l’Usine pour avoir une entrevue avec les représentants de M. Normant. Les causes de la grève ont été discutées, ainsi que les revendications des ouvriers. Les ouvriers maintiennent toujours le renvoi du contremaître et la réintégration de tous les grévistes. Une entrevue entre les délégués de M. Normant et des ouvriers a dû avoir lieu samedi soir. » Mercredi 23 août 1911 : pas d’informations sur la grève Jeudi 24 août 1911 : pas d’informations sur la grève Vendredi 25 août 1911 : pas d’informations sur la grève Samedi 26 août 1911 : pas d’informations sur la grève Dimanche 27 août 1911 : pas d’informations sur la grève Lundi 28 et Mardi 29 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition du mercredi 30 août 1911 : « Arrondissement de Romorantin La grève de Romorantin Ainsi que nous l’avions annoncé, en présence des difficultés qu’il entrevoit pour l’avenir, M. Landart, le contremaître dont les grévistes réclament le renvoi a adressé sa démission de directeur aux apprêts à M. Normant. C’est une des causes primordiales de la grève qui, de ce fait, disparaît, et l’on peut espérer que la grève elle-même prendra maintenant promptement fin. D’ailleurs il semble que les grévistes n’aient plus guère envie de continuer la lutte. Plusieurs ouvriers sont rentrés samedi. D’autres ont repris le travail lundi. Ils seront vraisemblablement suivis par la majeure partie de leurs camarades. A la suite de l’enquête ouverte par la police sur les violences exercées par les grévistes contre l’ouvrier Maréchal, cinq hommes et deux femmes ont été convoqués devant le juge d’instruction. » Jeudi 31 août 1911 : pas d’informations sur la grève Vendredi 1er et samedi 2 septembre 1911 : journal manquant aux AD41 Dimanche 3 septembre 1911 : pas d’informations sur la grève Lundi 4 et mardi 5 septembre 1911 : pas d’informations sur la grève Mercredi 6 août 1911 : pas d’informations sur la grève Edition du jeudi 7 septembre 1911 : « Arrondissement de Romorantin Fin de la grève ROMORANTIN – Les rentrées se font de plus en plus nombreuses. Quelques grévistes ont reçu leur congé définitif. Les autres sont décidés à reprendre le travail. Les gendarmes qui assuraient l’ordre ont regagné leurs brigades respectives. »
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