Source : Archives départementales de Loir-et-Cher, 89 PER 1911. Périodique le Courrier de la Sologne , année 1911. Le Courrier de la Sologne Journal Républicain de l’arrondissement de Romorantin. Titres coçnsultés : Dimanche 6 août 1911 : « La grève des drapiers » Dimanche 13 août 1911: « La grève des drapiers » Dimanche 20 août 1911 : journal manquant aux AD41 Dimanche 27 août 1911 : « La grève des drapiers » Edition du dimanche 6 août 1911 : « La grève des drapiers La grève des drapiers s’est continuée toute cette semaine dans le plus grand calme, dimanche M. le Juge de paix a fait auprès de M. Normant une tentative de conciliation qui demeura sans résultat. Devant cette attitude les ouvriers décidèrent de maintenir la grève, il y eut quelques rentrées, compensées par de nouvelles sorties ce qui fait que le nombre des grévistes reste le même. Les organisations ouvrières de la ville viennent en aide au comité de grève pour les soupes communistes qui fonctionnent très bien depuis samedi dernier, d’autre part, de nombreux ouvriers apportent leur obole à leurs camarades. D’autre part, nous tenons de bonne source que le syndicat des ouvriers en bâtiment s’est engagé à soutenir les grévistes jusqu’à la fin de la grève. *** Jeudi, une entrevue a eu lieu entre les délégués des grévistes et ceux de M. Normant, l’entrevue se termina sans que satisfaction soit accordée aux ouvriers, ceux-ci en apprenant le résultat négatif de la démarche de leurs représentants, décidèrent de résister jusqu’à satisfaction, un appel à la solidarité Enfin dimanche, le secrétaire de la Bourse du travail de Bourges, le citoyen Hervier viendra faire une conférence aux grévistes. Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que M. le Sous-Préfet et M. le Maire ont fait auprès de M. Normant une nouvelle tentative qui n’eut pas plus de résultat que les précédentes. Nous avons reçu la lettre suivante : Chambre syndicale des ouvriers et ouvrières en drap de Romorantin Romorantin, le 2 août 1911. Monsieur Nicolas, Sur la proposition d’un grand nombre de lecteurs du Courrier , le Comité de grève a décidé de bien vouloir ouvrir une souscription en faveur des soupes communistes, dans les colonnes de votre journal, par suite de la grève des drapiers. Je vous salue. Pour le Comité de grève, G. DELVIGNE, secrétaire. Nous accédons très volontiers au désir formulé par le dévoué secrétaire du syndicat drapier et informons nos lecteurs que nous recevons avec plaisir les souscriptions que nous nous ferons un devoir de faire parvenir aux intéressés. Écho de la grève On nous adresse la lettre suivante : Romorantin, le 1er août 1911. Monsieur le Directeur du Courrier de la Sologne , Dans le numéro du 31 juillet, M. Tremblé a inséré un article dans lequel il met en doute ma probité. Qu’il sache que dans toutes les maisons où j’ai passé comme directeur d’apprêts, personne autant patron qu’ouvriers n’ont eu à se plaindre de moi. Avant d’insérer une calomnie d’une si haute importance, M. Tremblé devait prendre des informations, que seul à Romorantin M. Normant pourrait lui fournir. Il est bon que je fasse connaître à lui et à tous ceux qui pourraient y ajouter foi, les maisons où j’ai été comme directeur d’apprêts. Les voici : J’ai été Directeur d’apprêts dans la maison Maestre près Clermont (Hérault), également dans la maison Legrand à Nouy (Oise), la maison Wiart et Vallerand à Cambrai (Nord). J’ai eu ensuite une maison à mon compte au Caillaud, commune d’Isle, près Limoges. J’ai été professeur en Espagne à Alcooey ainsi que dans la maison Dieuleft (Drôme) d’où je suis parti pour entrer chef à la maison Normant Frères à Romorantin. Dans toutes ces maisons j’ai toujours eu l’estime et la considération du patron ainsi que la sympathie de l’ouvrier, comme ayant toujours rempli intégralement mon devoir envers le patron et l’ouvrier. Je pense qu’à l’avenir, avant d’insérer des articles, M. Tremblé, voudra bien prendre des informations complètes à qui de droit ou si non je me verrais dans l’obligation de l’attaquer. Recevez Monsieur, mes biens sincères salutations. L. Landart Directeur d’apprêts à la maison Normant frères. » Edition du dimanche 13 août 1911 : « La grève des drapiers La grève des drapiers s’est continuée toute la semaine sans qu’aucune modification ait été apportée à la situation. Dimanche dernier, le citoyen Hervier, de la Bourse du Travail de Bourges a fait sa conférence. L’orateur syndicaliste se montra plutôt violent, aussi le résultat ne se fit pas attendre, dès lundi l’attitude des grévistes changea, de calmes qu’ils étaient ils devinrent non pas violents mais manifestèrent bruyamment, parcourant les rues le soir au chant de l’Internationale et de la Carmagnole, conspuant vigoureusement le chef apprêteur Landart et l’ouvrier Duché. Le drapeau rouge fut sorti mais la manifestation n’en resta pas moins toute platonique, bien que très bruyante. M. Béranger, effrayé de la nouvelle attitude des grévistes, prévint M. Landart qu’il ne répondait plus de lui et lui conseilla de se faire héberger par son patron, ce qui fut fait. Des gendarmes ont été envoyés à Romorantin. Ils n’ont eu jusqu’à présent aucune occasion d’intervenir, et nous croyons bien, connaître le caractère pacifique des ouvriers drapiers, que cette occasion ne leur sera pas fournie. La presse réactionnaire et cléricale a essayé d’insinuer que les drapiers se disposaient à saboter les fêtes des 13, 14 et 15 août. C’est encore là une assertion fausse, les grévistes savent bien qu’ils n’ont rien à gagner, au contraire, d’une manifestation de ce genre, manifestation du reste inutile, la municipalité s’étant consciencieusement chargé de saboter les fêtes en question. » Edition du dimanche 27 août 1911 : « La grève des drapiers La grève des drapiers dure toujours. On avait cru qu’à la suite de l’entrevue qui avait eu lieu samedi entre le patron et les délégués des grévistes une entente pourrait intervenir. Il n’en est malheureusement rien, les exigences patronales étant inacceptables. A l’heure où nous écrivons ces lignes, on nous signale qu’un certain nombre d’ouvriers quittent Romorantin et sont embauchés dans d’autres fabriques. En somme, le conflit ne paraît pas à la veille d’être apaisé : les grévistes tiennent bon et font preuve d’un grand calme qui rend à peu près inutile le déploiement de forces de police et de gendarmerie qui a été fait en ville. *** En dernière heure on nous informe que M. Landart, chef aux apprêts, cause de la grève aurait envoyé sa démission à M. Normant. Cette retraite pourrait bien amener la fin du conflit si le patron voulait mettre un peu de bonne volonté et ne pas licencier, ainsi qu’il en avait manifesté l’intention, certains ouvriers. »
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